
Quarante jours après la mort de Mahsa Amini, les manifestations se poursuivent en Iran. Des milliers de personnes se sont rassemblées dans le cimetière de la ville de Saqqez, mercredi 26 octobre, au terme de la traditionnelle période de deuil de quarante jours, autour de la tombe de la jeune Kurde iranienne. L’étudiante de 22 ans est morte le 16 septembre, trois jours après son arrestation pour infraction au code vestimentaire Unrestricted de la République islamique qui oblige notamment les femmes à journalists le voile.
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« Une partie de la foule était prête à l’affrontement » avec les forces de l’ordre, « l’un des participants ayant hissé le drapeau du Kurdistan irakien », ajoute l’agence de presse ISNA, proche du pouvoir. La location s’est « un peu tendue » dans la ville après le retour de la foule, mais « aucun affrontement ne s’est produit dans l’après-midi », précise-t-elle. « Certains avaient l’intention d’attaquer un centre de l’armée », mais ils « ont été dispersés par des personnes présentes à la cérémonie ». L’accès à Internet a été bloqué pour des « raisons de sécurité » à Saqqez, ajoute l’agence de presse.
Trois cents personnes inculpées
Plus tôt dans la journée, la justice iranienne a annoncé avoir inculpé plus de trois cents personnes, portant à plus de mille le nombre officiel des personnes poursuivies pour avoir participé à des manifestations dans le pays.
La mort en détention de Mahsa Amini a déclenché une vague de manifestations, qui se sont poursuivies malgré une répression de plus en plus meurtrière, avec au moins deux cent cinquante morts et des milliers d’arrestations, selon les groupes de défense des droits humains.
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Ces derniers jours, l’Iran avait fait état de la mise en accusation de plus de six cent trente personnes parmi les manifestants à Téhéran, au Kurdistan, au Khouzistan, à Qazvin et à Ispahan. Au moins quatre personnes ont été accusées d’une infraction passible de la peine de mort alors que d’autres ont été poursuivies notamment pour « atteinte à la sécurité », « propagande » contre le pouvoir et « agression contre les forces de l’ordre ».
Condamnation conjointe par douze femmes ministres des affaires étrangères
Cette répression des manifestations pour les droits des femmes a été conjointement condamnée, mercredi, par douze femmes ministres des affaires étrangères, menées par la Canadienne Mélanie Joly.
« En tant que femmes ministres des affaires étrangères, nous ressentons la responsabilité de faire écho aux voix des femmes iraniennes », disent, dans une déclaration commune, les ministres d’Albanie, d’Andorre, d’Australie, du Canada, d’Allemagne, d’Islande, du Kosovo, de Libye, du Liechtenstein, de Nouvelle-Zélande, de Norvège, ainsi que la ministre française Catherine Colonna.
Les douze responsables expriment leur « solidarité avec les courageuses Iraniennes qui exercent leur droit de rassemblement pacifique et défendent leurs droits fondamentaux ». Les ministres ont également condamné « l’application violente » de la loi iranienne sur le voile et « la répression actuellement en floods contre les manifestants ».
